Un père, neuf vies : le destin bouleversant de Richard et ses filles

Publié le 24 septembre 2025

Dans un monde parfois dur, l'histoire de Richard Morel est un véritable rayon de soleil. D'un chagrin personnel, il a su faire naître un amour si grand qu'il a transformé le destin de neuf sœurs. Découvrez comment un simple "oui" a construit une famille hors du commun.

Un vœu et un nouveau départ

Nous sommes en 1979. Richard traverse l’épreuve du deuil après la perte de son épouse, Anne. Leur projet commun était de fonder une famille nombreuse. Sur son lit de mort, Anne lui a confié une dernière requête, une phrase qui allait orienter le reste de son existence :
« Ne laisse pas l’amour mourir avec moi. Trouve-lui un endroit où vivre. »

Guidé par une intuition inexplicable par une soirée d’intempéries, Richard se présente à l’orphelinat Sainte-Marie. C’est dans un corridor à peine éclairé qu’il tombe sur un groupe de neuf jeunes sœurs, sur le point d’être dispersées par les services sociaux. Toutes noires, toutes sœurs. Aucune famille ne s’était montrée intéressée par les adopter ensemble.

Sans une seconde d’hésitation, Richard prononce des mots qui scelleront son avenir :
« Je les prends. Toutes. »

La force de l’amour face aux critiques

Cette décision ne fut pas comprise par tous. Les commérages allaient bon train dans le voisinage, et certains proches ont pris leurs distances. Mais Richard est resté sourd à ces jugements. Il a fait des sacrifices financiers, cumulé les emplois, et s’est même mis à construire des lits sur mesure pour accueillir tout le monde.

Il a appris sur le tas : coiffer des cheveux crépus, inventer des chansons pour endormir les enfants, et rassurer lors des nuits agitées. Peu à peu, sa demeure s’est transformée en un havre de joie : éclats de rire, disputes enfantines, séances de devoirs, et de joyeuses célébrations familiales… mais surtout, un lien indéfectible s’y est tissé.

Neuf femmes, neuf réussites

Chacune des filles a grandi en emportant avec elle la force de cette histoire exceptionnelle.

Léa, l’aînée, a canalisé son passé pour en faire une source d’inspiration. Devenue enseignante en lettres, elle ouvre aux jeunes l’univers des livres et la capacité à se reconstruire.

Manon, dotée d’un caractère bien trempé, a orienté son énergie vers la justice. Cette avocate n’a de cesse de se battre pour la défense des personnes marginalisées.

Chloé, d’une douceur remarquable, a réalisé son vœu le plus cher en endossant la blouse d’infirmière. Ses collègues et patients la surnomment avec affection « l’ange en blouse blanche ».

Camille, dont la passion pour les notes de musique était évidente, est devenue pianiste et a fondé un atelier musical pour les jeunes en situation fragile. Elle affirme souvent que « la musique, c’est aussi un foyer ».

Lola, la cordon-bleu de la famille, a créé sa pâtisserie. L’arôme de ses viennoiseries devient régulièrement le prétexte à des retrouvailles autour d’un café fumant.

Élise, avide de connaissances, a embrassé une carrière de scientifique spécialisée dans l’écologie, partageant ses découvertes à travers le monde.

Clara, en quête de sens, a trouvé sa vocation comme officiante au sein d’une communauté religieuse, où elle prêche des valeurs d’ouverture et de bienveillance.

Anaé, aux doigts de fée, a monté un atelier d’artisanat où elle perpétue un savoir-faire qu’elle transmet maintenant à la génération suivante.

Et pour finir, Jade, la cadette, a choisi le métier de journaliste. Aujourd’hui, elle consacre son temps à écrire un ouvrage… qui raconte leur incroyable aventure familiale.

Une famille réunie par le cœur

En 2025, la maison paternelle est à nouveau le théâtre de grands rassemblements. Les neuf sœurs et leurs propres enfants se retrouvent autour d’une table généreusement garnie. Dans cette effervescence, on perçoit clairement l’empreinte laissée par un homme : celle d’un père qui a su ouvrir son cœur bien au-delà de ce que l’on imagine.

Dans un angle de la pièce, un fauteuil accueille un grand-père attentif. Une petite fille vient se blottir sur ses genoux et lui demande à voix basse :
« Grand-père, raconte-moi une histoire. »

Et il commence son récit. Celui qu’il connaît par cœur. Celui qui parle de peine, de bravoure, de moments de bonheur… et par-dessus tout, d’amour.

Car lorsqu’un cœur choisit d’aimer sans compter, il trouve toujours la place pour s’étendre.